vendredi 30 novembre 2018

La proie et le chasseur (Londres la ténébreuse #4) • Bec McMaster.




Londres la ténébreuse, tome 4 : La proie et le chasseur
de Bec McMaster.
Genre : Fantasy, bit-lit.
Mon édition : J'ai lu (Crépuscule).
496 pages (ebook).





Résumé : Perry a autrefois fui l'emprise du terrible duc de Moncrieff en se faisant passer pour morte. Sous une nouvelle identité, elle a trouvé refuge au sein de la guilde des Engoulevents, dont le nouveau chef, Garrett Reed, éveille en elle une passion secrète. Mais Perry ne peut échapper éternellement à son passé, qui la rattrape bientôt : de nombreuses jeunes femmes sont retrouvées assassinées, après avoir été sauvagement violentées. Serait-ce l’œuvre de Hague, l'homme de main de Moncrieff, que Perry pensait avoir tué neuf ans plus tôt ?


16/20.

  • J'AI AIMÉ : Retrouver l'ambiance de la série.
  • J'AI MOINS AIMÉ : Jeu du chat et de la souris mal dosé.


Ce quatrième tome de cette saga chouchou était une évidence pour ma PAL automnale. Mais après mon coup de cœur (assez prononcé) pour le tome précédent, celui-ci n'a pas su retenir autant mon attention, c'est dommage... Ne vous détrompez, j'ai aimé et j'ai adoré retrouver l'univers, ainsi que l'atmosphère unique et propre de cette saga. C'est juste que ce tome-ci ne se renouvelle pas trop par rapport au précédent, alors que la relation évoquée partait pourtant sur des bases complètement différentes.

Perry a rejoint les Engoulevents presque dix ans plus tôt, après avoir échappé au conte de Moncrieff et son homme de main cruel. Depuis dix ans, elle s'est construite une identité et s'est forgée une attitude combattive, masculine, à des lieux de son passé. Depuis dix ans, elle ressent aussi des choses pour Garrett, son partenaire, devenu le chef de la guilde depuis peu et avec qui les choses ont évolué... passionnellement. Seulement, le quotidien de Perry vole en éclat quand le conte de Moncrieff revient à Londres et qu'il semble laisser dans son sillon des meurtres qui lui rappellent quelques souvenirs.

« Elle le saisit par le bras, le fit pivoter contre le mur d'une ruelle et le lui tordit dans le dos. Il la sentit enfoncer un genou dans ses reins, lui rendant tout mouvement impossible. Mais il n'avait pas envie de bouger. Le corps entier de Perry était pressé contre le sien et il sentait son souffle sur son oreille.
- Rends-le-moi.
Elle écarta ses doigts par la force mais l'objet avait disparu. Elle procéda de la même façon sur son autre main et grogna de frustration.
- Où est-ce que tu l'as mis ?
Un dernier tour de passe-passe pendant qu'elle le malmenait...
- Tu es un Engoulevent, dit-il en déglutissant, tandis qu'il baissait le bras et posait la main sur le mur de brique rugueux. Pourquoi tu ne le trouves pas ?
Un défi. Le silence était presque assourdissant. Elle inséra une de ses cuisses entre les siennes et lui écarta les jambes. Une sensation de brûlure envahir aussitôt Garrett et il tourna le visage sur le côté quand elle passa ses doigts minces sur ses côtes. Ils plongèrent dans ses poches et en ressortirent vides. Des mains rêches lui palpaient les hanches. Les flancs.
- Ça te plaît, grogna-t-elle, frustrée et impétueuse.
- Bien sûr que oui. »

L'aperçu de Perry et de Garrett dans le tome précédent m'avaient plu et m'avaient grandement donné envie de les découvrir et découvrir leur histoire, car il était certain qu'il se passait quelque chose entre eux. C'est surtout Perry que j'avais envie de découvrir : c'est une sang-bleu (chose rare pour une femme), elle est masculine, a de la répartie, et elle est la seule femme parmi les Engoulevents. Malheureusement, l'autrice n'est pas vraiment restée 100% sur cette lancée. En fait, Perry est tout aussi féminine que tous les autres personnages féminins de romances, elle le cache juste beaucoup plus parce que cet aspect fait partie de son passé. J'aurais personnellement préféré que l'on reste sur la première image.

Garrett ne m'a pas vraiment tapé dans l'oeil contrairement aux héros précédents. Il est un peu trop vu et revu. Pas assez ci ou pas assez ça. J'ai trouvé qu'il était l'ombre de Lynch, Will, ou Blade. Il se rapproche beaucoup de Lynch d'ailleurs ; lui aussi a un taux d'hématocrite élevé, ce qui le menace de se transformer en monstre, lui aussi est chef des Engoulevents, lui aussi réprime ses sentiments de peur de blesser la femme qu'il aime avec son taux d'hématocrite, etc.

« - C'est ridicule, murmura Byrnes en prenant la direction de l'usine. L'équipe a passé le bâtiment au peigne fin. Qu'est-ce que Garrett pense qu'on va trouver ?
- Un objet tranchant.
L'arme du crime, rien de moins.
- Étant donné ton humeur de chien, si je le trouve, je ferais peut-être mieux de le garder à portée de main, observa Byrnes.
Perry s'arrêta.
- Mon humeur de chien ?
- Tu as cet air dans le regard. (Byrnes lui prit le bras et ils se remirent en marche.) Celui qui dit que tu aimerais avoir toi aussi un objet tranchant pour pouvoir le lui enfoncer dans la gorge.
- Malheureusement, ta compréhension de l'anatomie est aussi affligeante que ta conception de la séduction. Ce n'est pas du tout à sa gorge que je pensais. »

La romance qui en découle finit donc par être un peu trop conventionnelle pour la série, je trouve. Un grand jeu de chat et de la souris s'installe : Garrett qui cache sa santé qui décline, Perry qui cache son passé qui resurgit, et ça n'en finit plus. On partait pourtant sur une base intéressante : une amitié de dix ans, un tandem d'Engoulevents qui se connaissent depuis dix ans et qui ont une confiance infinie en l'autre. Mais cette confiance disparaît aussitôt que la romance arrive, c'est là où ça pêche car j'aurais aimé deux amis qui pour une fois ne se cachent pas l'un à l'autre.

Après, j'ai quand même aimé ma lecture et j'ai passé un très bon moment. J'y ai certes trouvé beaucoup de défauts comparé aux tomes précédents, mais Londres la ténébreuse possède des qualités qui ne changent pas selon les personnages et les couples mis en avant. Pour moi si les romances ne sont pas surprenantes, elles ont vite un goût addictif et la série elle-même est unique dans son genre. Tout tient à l'univers ficelé en fond et qui sert de décor aux histoires d'amour. J'ai, par ailleurs, beaucoup aimé le personnage de Byrnes dans ce tome-ci et j'espère le voir à l'honneur dans un futur tome !

  • EN CONCLUSION : Ce quatrième tome signe pour moi le moins bon de la saga, mais n’entache pas pour autant la qualité générale de celle-ci. J'ai juste moins accroché à la relation entre Perry et Garret que je ne l'aurais cru, tout simplement.

Tomes précédents :

Prochaine lecture : A première vue de Colleen Hoover.

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