jeudi 29 juin 2017

Ginny Moon • Benjamin Ludwig.




Ginny Moon
de Benjamin Ludwig.
Genre: Contemporain.
Mon édition: HarperCollins France.
432 pages (ebook).




Résumé: Pour la première fois de sa vie, Ginny Moon a trouvé sa Maison-pour-Toujours – un foyer avec une famille aimante qui saura la protéger et l’entourer. Le foyer dont n’importe quel enfant adopté pourrait rêver. Alors pourquoi cette adolescente de 14 ans cherche-t-elle à tout prix à se faire kidnapper par sa mère biologique, incapable de s’occuper d’elle ? Pourquoi Ginny veut-elle absolument retourner dans cet appartement où elle a failli mourir ?
C’est une adolescente comme les autres – elle joue de la flûte, s’entraîne pour le tournoi de basket de l’école et étudie les poèmes de Robert Frost –, à un détail près : elle est autiste. Et certaines choses sont très importantes pour elle : commencer sa journée avec précisément neuf grains de raisin, chanter sur Michael Jackson (son idole), manger de la pizza au bacon et à l’ananas et, surtout, retrouver sa mère biologique pour pouvoir s’occuper de sa Poupée, qui court un grand danger. Avec les moyens limités et pourtant redoutables d’une enfant enfermée dans son monde intérieur, Ginny va tout mettre en œuvre pour la sauver.


17/20.

  • J'AI AIMÉ: Le personnage de Ginny, la tendresse.
  • J'AI MOINS AIMÉ: Des passages parfois redondants.

Je remercie tout d'abord NetGalley et les éditions HarperCollins qui m'ont permise de découvrir ce titre que j'avais repéré avec la chronique enthousiaste de Plouf ! Et Ginny Moon est un récit à la hauteur de mes attentes, qui s'est révélé tendre et drôle, et touchant aussi, parfois saisissant, et qui, malgré ses petites lenteurs, a su captiver mon attention !

Ginny Moon a quatorze ans et elle a une particularité. C'est une adolescente autiste et son passé auprès de Gloria, sa mère biologique, n'a pas été une grande aide pour développer de l'attachement à ceux qui l'entourent ni pour exprimer du mieux qu'elle peut ses sentiments. Depuis quelques temps, elle a rejoint une nouvelle Famille-pour-toujours, mais Ginny se sent à l'étroit... comme à chaque fois qu'elle rencontre un nouveau foyer. Car sa Poupée chérie est restée derrière elle, chez Gloria, et elle a absolument besoin de savoir qu'elle va bien et qu'elle est en sécurité.

L'auteur, étant lui-même parent adoptif d'une enfant autiste, a su partager au mieux ses connaissances et celles d'autres parents à travers Ginny, ses obsessions, ses réflexions, ses listes, et tous les sentiments brouillons qui bouillonnent dans son cerveau. Il a su également partager les aprioris des autres, les incompréhensions, le fossé qui peut naître entre une personne autiste et les personnes non-autistes, à cause de non-dits, à cause des expressions entrées dans le vocabulaire commun, et à cause aussi d'une méconnaissance de l'autisme. Et, rentrer dans la tête de Ginny, de lire cette histoire de son point de vue, m'a énormément plu. Même si elle n'est sûrement pas le reflet de tous les enfants autistes du monde, car chacun est différent, elle a su m'ouvrir les yeux sur beaucoup de choses.

« Je suis dans ma chambre, je tiens ma couverture et je pleure. Parce que j'ai quatorze ans. A cette minute. Maintenant. Ça ne va pas. Je devrais avoir neuf ans et être en train de protéger ma Poupée. Je ne devrais pas être là. Je devrais avoir neuf ans. »

Le contact est tout de suite passé avec Ginny. Elle a quatorze ans, mais raisonne comme une enfant. Une enfant de neuf ans, plus exactement, l'âge où elle a quitté le foyer de sa mère biologique. Avec ses pensées drôles, décalées, attendrissantes, elle a tout de suite su me prendre par les sentiments. J'ai compati avec elle, j'ai eu peur pour sa Poupée avec elle, j'ai eu peur pour elle, à sa place, quand elle n'avait pas conscience des risques, des dangers, ou des conséquences de ses actes. Ginny Moon est un personnage qui m'a beaucoup touchée et qui s'est frayée une petite place spéciale dans mon cœur. Et toute l'affection qu'elle a pour sa Poupée est toute bouleversante !

Les personnages secondaires sont plus complexes et nous montrent bien toutes les réactions que l'entourage d'une enfant autiste peut développer. Ce n'est pas toujours facile. Spectateur, le lecteur est souvent pris d'un grand sentiment d'injustice, de l'envie de taper du poing pour défendre Ginny, et parfois, au contraire, le lecteur comprend un peu, et puis culpabilise de comprendre. Les professeurs qui entourent la jeune adolescente, sa thérapeute, ses parents biologiques, et surtout et avant tout : ses Parents-pour-toujours qui attendent un nouvel événement et qui ont du mal à concilier l'arrivée de leur enfant et la présence de leur enfant adoptive. Tous constituent une facette, des réactions, qui se trouvent en nous-même.

« - Je suis sûre que tu vas bien t'amuser, fait Mme Lomos.
- Ma Mère-pour-toujours dit qu'elle besoin d'un break.
Tout le monde est précisément silencieux.
- La situation a été extrêmement difficile à l'école et à la maison, répond Mme Lomos à toute vitesse. Elle regarde les visages de tout le monde.
- Nous nous donnons tous beaucoup de mal pour protéger nos enfants, mais nous avons parfois besoin de faire une pause. Ginny n'est pas une exception à la règle.
Rick remue sur sa chaise et fait un bruit avec sa bouche.
- Voulez-vous ajouter quelque chose ? demande Mme Lomos.
- J'aimerais simplement que quelqu'un nous dise à quel point Ginny est une jeune fille adorable, fait Rick. A quel point elle peut être, je ne sais pas, drôle et intelligente. Tous ces discours sur la sécurité des enfants et ce besoin de faire un break, c'est comme si on essayait de lui coller une étiquette dessus. On essaie de la tenir à l'écart de tout. Je ne suis pas psy, mais je crois que ce dont elle a besoin, c'est d'être plus proche des gens. »

Le seul petit point négatif est la sensation de longueur, créée par les passages redondants... L'esprit de Ginny tourne en boucle et rentre souvent dans l'obsessionnel. Ce n'est pas un détail qui m'a été désagréable. Cependant, parfois, ces obsessions empêchent l'histoire d'avancer pendant quelques pages par-ci par là, formant des pauses, et à force le lecteur le ressent.

  • EN CONCLUSION: Un récit tout en tendresse avec une héroïne touchante et hors du commun. Ginny Moon a été une de ces lectures qui suscitent beaucoup d'émotions différentes, mais qui, au bout du compte, arrivent surtout à nous faire sourire.

Prochaine lecture: Le clan des Nocturne, tome 2: Gideon de Jacquelyn Frank.

tâches d'encre

  1. Trop contente qu'il t'aie pluuu ! =D
    Je suis d'accord avec toi pour les passages redondants, bien que ça ne m'est pas spécialement dérangé non plus =)
    La fin m'avait beaucoup touchée, j'avais versé ma larmiche^^

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    1. C'est vraiment un chouette roman ! Dans l'ensemble, les passages redondants ne m'ont pas dérangé, mais sur le coup, parfois oui. La fin m'a aussi beaucoup touchée !

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  2. Oh, je ne connaissais pas du tout, mais tu aiguises ma curiosité là. J'ai un peu envie de varier mes horizons littéraires en ce moment, de découvrir d'autres choses et c'est le genre de livre qui pourrait me plaire je pense. Merci beaucoup pour la découverte.

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    1. Franchement, c'est une très belle lecture et qui a ses petites surprise ! J'espère que tu lui donneras une chance :)

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  3. Je ne connaissais pas du tout et je ne suis pas sûr que j'aurais voulu découvrir ce livre, sans ta chronique ! Du coup, cette histoire m'intéresse grandement : je note :)

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  4. J'avais déjà aperçu ce livre et je ne pensais pas qu'il abordait l'autisme. Un livre qui me fait bien envie :)

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  5. Le côté redondant n'est pas inhérent au personnage?
    Je viens de le commencer, j'y retourne du coup parce que tu m'as remotivée! x)

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